Un tournant historique vers les énergies renouvelables

Le think tank Ember a publié l’édition 2026 de son rapport Global Electricity review. Et les nouvelles sont plutôt bonnes: les énergies renouvelables poursuivent leur progression, alors que le fossile ralentit, stagne et parfois régresse même un peu. Lecture commentée.

L’année 2025 représente un moment charnière dans la transition énergétique mondiale. Selon le Global Electricity Review 2026 publié par Ember, les énergies propres ont franchi un cap décisif: elles ont couvert l’intégralité de la croissance de la demande mondiale d’électricité. Une première qui marque une rupture nette avec les décennies précédentes, dominées par les énergies fossiles.

Plus d’électricité, mais plus propre

En 2025, la demande mondiale d’électricité a progressé de 2,8%, soit une augmentation de 849 TWh. Cette croissance reste modérée et s’inscrit dans la moyenne des 10 dernières années (environ 2,7%). Elle est notamment portée par l’électrification des usages, en particulier dans les transports, ainsi que par le développement des infrastructures numériques comme les centres de données.

Mais le fait marquant est ailleurs: pour la première fois depuis 2020, cette hausse de la demande n’a pas entraîné une augmentation de la production d’électricité à partir d’énergies fossiles. C’est seulement la cinquième fois que ça arrive depuis le début du siècle. La production fossile a même légèrement reculé (-0,2%, soit -38 TWh).

Le solaire, moteur de la transition

Au cœur de cette transformation se trouve une technologie: le solaire. En 2025, la production solaire a connu une croissance record de 30%, soit une augmentation de 636 TWh. À elle seule, cette progression a couvert 75% de la hausse de la demande mondiale d’électricité.

Le solaire est la source d’énergie avec la croissance la plus rapide de l’histoire. En une décennie, sa production a été plus que multipliée par 10: elle est passée de 256 TWh en 2015 à près de 2800 TWh en 2025. Désormais, elle rivalise avec le nucléaire et dépasse même l’éolien à l’échelle mondiale.

L’éolien continue lui aussi de progresser, avec une hausse de 205 TWh en 2025 (+8,2%). Ensemble, le solaire et l’éolien ont couvert 99% de la croissance de la demande mondiale.

L’éolien, un atout précieux pour la transition

Aux côtés du solaire, l’énergie éolienne continue de jouer un rôle central dans la transition énergétique. En 2025, la production mondiale d’électricité éolienne a atteint un nouveau record de 2715 TWh, en hausse de 205 TWh par rapport à 2024 (+8,2%). Il s’agit de la deuxième plus forte progression parmi toutes les sources d’électricité, juste derrière le solaire. Sur le long terme, la dynamique est particulièrement marquée: la production éolienne mondiale a plus que doublé depuis 2018.

Cette croissance s’accompagne d’un développement soutenu des capacités installées, avec un record de 167 GW supplémentaires en 2025. Toutefois, ce déploiement reste concentré dans quelques grands marchés: la Chine, les États-Unis, l’Inde et l’Allemagne représentent à eux seuls plus de 80% des nouvelles installations.

La Chine a contribué à environ 68% de la croissance mondiale de la production éolienne en 2025, avec une augmentation de 138 TWh (+14%). Elle domine également largement les nouvelles installations, avec 119 GW ajoutés sur la seule année, soit près des trois quarts du total mondial.

D’autres pays enregistrent également des avancées significatives. L’Inde, par exemple, a connu sa plus forte augmentation annuelle avec +22 TWh, confirmant la montée en puissance de l’éolien dans son mix électrique. Au Brésil, l’éolien représente désormais 16% de la production d’électricité, tandis que plusieurs marchés continuent d’intégrer progressivement cette technologie.

Au niveau global, la part de l’éolien dans la production d’électricité atteint désormais 8,5%, un niveau record. Si sa croissance est moins rapide que celle du solaire, l’éolien reste un pilier essentiel du développement des énergies renouvelables, en particulier grâce à sa complémentarité avec le solaire et à sa capacité à produire de l’électricité en dehors des heures d’ensoleillement.

Les renouvelables dépassent le charbon

Autre jalon historique: en 2025, les énergies renouvelables ont dépassé le charbon dans le mix électrique mondial. Elles représentent désormais 33,8% de la production mondiale, contre 33,0% pour le charbon.

C’est la première fois depuis plus d’un siècle que le charbon perd sa place de première source d’électricité. Cette évolution s’explique par la croissance rapide du solaire et de l’éolien, mais aussi par le recul progressif du charbon, (-63 TWh en 2025).

Cette tendance s’observe dans la plupart des régions du monde. En Europe, la part du charbon est tombée à environ 13%. C’est même moins de 10% dans l’Union européenne, dont 19 des 27 états sont en-dessous de la barre des 5%. À l’échelle mondiale, le charbon ne domine plus que dans certaines régions d’Asie.

Chine et Inde: un basculement déterminant

La transition énergétique mondiale dépend en grande partie de l’évolution de quelques grands pays. La Chine et l’Inde ont toujours été parmi les principaux moteurs de la croissance des énergies fossiles. Mais en 2025, ils ont enregistré une baisse de leur production fossile.

En Chine, la production fossile a diminué de 56 TWh (-0,9%), malgré une forte croissance de la demande électrique (+5%). Cette évolution s’explique par un déploiement massif des énergies renouvelables, en particulier du solaire, dont la production a bondi de 40% en un an.

En Inde, la production fossile a reculé de 52 TWh (-3,3%). Là aussi, la progression rapide du solaire et de l’éolien, combinée à des conditions météorologiques plus clémentes, a permis de couvrir la demande sans recourir davantage aux combustibles fossiles.

Ces deux pays représentent à eux seuls plus de 40% de la production mondiale d’électricité fossile. Leur basculement marque donc un tournant décisif à l’échelle globale.

Les batteries: la clé pour accélérer la transition

Si le solaire joue un rôle central, son développement pose un défi bien connu: sa production est concentrée sur les heures d’ensoleillement. C’est là qu’interviennent les batteries, dont le rôle devient de plus en plus stratégique.

En 2025, les coûts des batteries ont chuté de 45%, après déjà une baisse de 20% l’année précédente. Dans le même temps, les capacités installées ont augmenté de 46%, atteignant environ 250 GWh.

Ces batteries permettent de stocker l’électricité produite en journée pour la restituer le soir ou la nuit. En 2025, les nouvelles capacités installées permettent déjà de déplacer environ 14% de la production solaire quotidienne vers d’autres moments de la journée.

Dans certains pays pionniers comme le Chili ou l’Australie, cette proportion dépasse même 50%. Les batteries contribuent ainsi à réduire les prix de l’électricité et à limiter les pertes liées à la surproduction solaire.

Vers une sortie progressive des énergies fossiles

Les tendances observées en 2025 confirment une évolution de fond: la croissance de la demande électrique n’est plus liée à une augmentation des énergies fossiles. Le monde entre dans une phase où les énergies renouvelables deviennent la norme pour répondre aux nouveaux besoins.

Selon les projections, cette dynamique devrait se poursuivre dans les prochaines années. La croissance des énergies propres, estimée à plus de 7% par an, devrait continuer à dépasser celle de la demande. Dans ce contexte, la production fossile pourrait atteindre un plateau avant d’entamer un déclin progressif dès le début des années 2030.

Au-delà du secteur électrique, cette transition a également des effets sur d’autres secteurs. Le développement des véhicules électriques, par exemple, contribue déjà à réduire la consommation de pétrole. En 2025, ils ont permis d’éviter environ 1,8 million de barils de pétrole par jour à l’échelle mondiale.

Une transformation encore incomplète

Malgré ces avancées, la transition énergétique reste inégale selon les régions. Les énergies fossiles représentent encore une part importante du mix électrique mondial, et certains pays continuent de s’appuyer largement sur le charbon ou le gaz pour répondre à leur demande.

Par ailleurs, l’intégration des énergies renouvelables nécessite des investissements importants dans les réseaux électriques, les capacités de stockage et les infrastructures de flexibilité.

Un signal fort pour l’avenir

Le rapport termine sur une note optimiste: la transition vers une électricité propre s’accélère, portée par des technologies désormais matures et compétitives. Le solaire, l’éolien et les batteries transforment en profondeur le système énergétique mondial.

Dans un contexte marqué par les incertitudes géopolitiques et la volatilité des prix des énergies fossiles, cette évolution ouvre la voie à un système énergétique plus résilient, plus local et plus durable.

Pour les acteurs de la transition énergétique, y compris en Suisse, ces tendances constituent un signal fort: le développement des énergies renouvelables, et notamment de l’éolien, s’inscrit dans une dynamique mondiale désormais bien engagée.


Source: Global Energy Review 2026

En photo: un champ d’éoliennes en Thaïlande (Taweesak Jang sur Unsplash)

Restez au courant

Bienvenue au GREE! Laissez-nous votre adresse email pour tout savoir sur l'énergie éolienne en Suisse romande.

Enquire now

Give us a call or fill in the form below and we will contact you. We endeavor to answer all inquiries within 24 hours on business days.