Idées reçues sur l’énergie éolienne, 1ère partie

Publiéefévrier 12, 2020ParEnergie eolienne by Gree

L’énergie éolienne fait l’objet de préjugés négatifs de la part d’une partie de la population. Un examen attentif des faits devrait permettre d’en dissiper la plupart.

 

Les éoliennes sont bruyantes.

En effet, la rotation des pales d’une éolienne produit du bruit. Cependant, dans la majorité des cas, le bruissement du vent lui-même en génère davantage. Ceci est particulièrement vrai lors de grandes bourrasques. En cas de vent modéré, les habitants peuvent effectivement entendre les éoliennes avoisinantes. Mais des mesures démontrent que la nuisance est faible, et la plupart du temps couverte par d’autres sources sonores dans le domicile, telles que les appareils électroménagers. Dans tous les cas, une ordonnance légale protège les riverains.

Certaines voix font état d’une inquiétude liée aux infrasons émis par les turbines et à leur impact. Ces sons basse fréquence, imperceptibles pour l’oreille humaine, existent pourtant partout dans la nature. Aucune étude n’est parvenue à mettre en évidence un effet quelconque sur notre santé.

 

Les éoliennes ruinent nos paysages

Par nature, les critères esthétiques dépendent du jugement de chacun. Les quelque 50 000 curieux qui visitent chaque année le parc éolien du Mont-Crosin – le plus important de Suisse – les apprécient certainement.

On ne peut évidemment pas nier que les éoliennes impactent et transforment le paysage. Au même titre que les chemins de fer, les lacs de barrage, les lignes à haute tension ou même l’agriculture. De fait, qu’on les aime ou non, les éoliennes font déjà partie intégrante du paysage culturel moderne en Europe.

Dans tous les cas, les sites potentiels d’implantation sont déterminés par les cantons, dans le cadre de l’élaboration de leur plan directeur. Ils sélectionnent les sites selon leur exposition au vent, en tenant compte d’autres intérêts comme la protection de la nature, des paysages et des riverains.

Aucun risque, donc, de voir notre patrimoine ruiné par une prolifération sauvage de parcs éoliens.

Les bénéfices environnementaux sont discutables

D’aucuns avancent que le bilan environnemental des éoliennes est douteux, en raison de l’impact écologique de leur construction, de leur mise en service et de leur démantèlement. Une opinion qui résiste mal à l’épreuve des faits. En effet, comparées à d’autres sources d’énergie, y compris les autres filières renouvelables, elles affichent des résultats extrêmement probants.

La vie d’une éolienne est généralement comprise entre 20 et 25 ans. Or, selon son emplacement, il suffit de 6 à 12 mois pour qu’elle amortisse les dépenses énergétiques requises pour sa construction et son démantèlement. En d’autres termes, une éolienne produit en moyenne 40 fois l’énergie nécessaire à son cycle de vie.

En prenant en compte la totalité de celui-ci, de la fabrication au démontage, chaque kilowattheure d’énergie produit par une éolienne correspond à l’émission de 10g d’équivalent CO2 dans l’atmosphère. Soit un impact comparable à la filière hydraulique. Le solaire, lui, en génère 32. Bien évidemment, tous ces résultats sont drastiquement inférieurs à ceux des énergies fossiles – une centrale au charbon avoisinant les 1000 grammes, soit un kilogramme de CO2 par kWh.

 

Les installations éoliennes font chuter le prix des terrains

Certains s’inquiètent d’une baisse de la valeur immobilière des terrains avoisinant les éoliennes. Une crainte aisément dissipée par une étude récente du cabinet Wüest Partner (lien en allemand), sur mandat de l’Office fédéral de l’énergie et du canton de Thurgovie. En analysant les transactions conclues ces 18 dernières années dans un rayon de 10 km autour des installations existantes et planifiées, l’étude n’a pas montré de dépréciation de la valeur de l’immobilier.

 

Ne manquez pas la suite de cette série consacrée aux idées reçues sur l’énergie éolienne, à paraître très prochainement !